La photographie s'apprend mal en regardant des vidéos. Elle s'apprend en photographiant sous contrainte, puis en regardant ses images à froid, deux jours plus tard, avec l'intention d'en jeter les neuf dixièmes. Un cours n'est rien d'autre que cela : une contrainte, une date, et un regard extérieur.
Le programme qui suit tient en quatre séances d'une heure et demie, réparties sur quatre semaines. Il ne demande aucun matériel particulier : un téléphone convient pour trois séances sur quatre. Suivez-le dans l'ordre, l'ordre compte.
Le programme, semaine par semaine
Les quatre séances en détail
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Semaine 1 : cadrer
Sortez avec une seule règle : interdiction de placer le sujet au centre. Trente images d'un même quartier, un sujet différent à chaque fois. De retour chez vous, activez l'affichage de la grille et regardez où sont tombés vos sujets. Gardez trois images, effacez le reste. Si le principe ne vous est pas familier, la règle des tiers est détaillée ici.
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Semaine 2 : voir la lumière
Choisissez un objet immobile, dehors ou près d'une fenêtre. Photographiez-le trois fois dans la journée : vers huit heures, vers treize heures, et dans l'heure qui précède le coucher du soleil. Même cadrage, même distance. Mettez les trois images côte à côte. Vous venez de comprendre, sans un mot de théorie, pourquoi les photographes se lèvent tôt.
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Semaine 3 : exposer
Cette séance demande un appareil dont on peut régler l'ouverture, ou un téléphone doté d'un mode professionnel. Placez un sujet à deux mètres, avec un arrière-plan lointain. Photographiez-le à cinq ouvertures différentes, de la plus grande à la plus petite, sans rien changer d'autre. Comparez la zone nette. Puis recommencez avec l'eau d'un robinet et cinq vitesses. Le triangle d'exposition vous servira de mode d'emploi.
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Semaine 4 : raconter
Un seul lieu, une heure, huit images à ramener. Une vue large qui plante le décor, deux plans moyens, trois détails, un portrait si quelqu'un accepte, une image de sortie. Posez-les dans l'ordre. C'est le début du travail de série, et c'est ce qui sépare une collection de photos d'un ensemble qui tient debout.
La règle du tri
Gardez une image sur vingt, et assumez-le. Un débutant qui garde tout n'apprend rien : c'est en cherchant pourquoi telle photo est meilleure que ses dix-neuf voisines que le regard se forme. Deux jours de recul avant de trier changent radicalement le jugement.
Trouver un cours autour de chez soi
Les recherches du type « cours de photographie autour de moi » renvoient surtout des offres commerciales. Les vraies bonnes adresses, elles, se cherchent autrement : elles ne font pas de publicité, parce qu'elles n'en ont pas besoin.
| Où | Ce que l'on y trouve | Coût réel |
|---|---|---|
| Club photo associatif | Séances hebdomadaires, sorties, lectures de portfolio entre membres, parfois un labo argentique | Adhésion annuelle, souvent quelques dizaines d'euros ; première séance généralement offerte |
| Maison des jeunes, centre social | Ateliers d'initiation encadrés, matériel parfois prêté | Tarif à la carte familiale, parfois gratuit selon la commune |
| Médiathèque, bibliothèque | Ateliers ponctuels, expositions, fonds documentaire souvent excellent | Gratuit, sur inscription |
| Magasin spécialisé, fabricant | Séances de découverte, prise en main d'un boîtier | Gratuit, mais l'objectif reste commercial |
| Sorties entre amateurs | Balades photo organisées par des passionnés, sans programme formel | Gratuit |
Le club associatif reste le meilleur rapport qualité-prix, et de très loin. Une fédération nationale regroupe plusieurs centaines de clubs répartis dans toute la France ; la mairie ou l'office des associations de votre commune tient presque toujours la liste des structures locales. Demandez à assister à une séance avant d'adhérer : cela se fait couramment.
Ce que valent les cours en ligne
Les ressources gratuites en ligne sont abondantes et souvent excellentes, à condition de savoir ce qu'on leur demande. Elles sont imbattables pour comprendre un point précis : le fonctionnement d'un mode, l'interface d'un logiciel, une technique particulière. Les documentations officielles des logiciels libres de développement photographique, par exemple, sont d'une qualité remarquable et entièrement gratuites.
Elles sont en revanche très mauvaises sur un point : elles ne regardent pas vos images. Or c'est exactement là que se joue la progression. Une critique honnête de dix minutes sur vos propres photos vaut vingt heures de vidéos.
On ne progresse pas en apprenant ce qu'il faut faire, mais en découvrant ce qu'on a fait sans s'en rendre compte.
Le piège du « gratuit » qui ne l'est pas
- La première leçon offerte. Un module gratuit, puis une inscription à quelques centaines d'euros présentée comme la suite naturelle. Rien d'illégal, mais ce n'est pas un cours gratuit.
- Le guide en échange d'une adresse électronique. Le document est souvent une vingtaine de pages recyclées ; le vrai produit, c'est votre adresse.
- La formation financée. Les dispositifs de financement de la formation professionnelle existent bel et bien, mais ils concernent des parcours certifiants et une reconversion. Ce n'est pas la même démarche qu'un loisir : si le sujet vous intéresse, nous détaillons les statuts et les formations dans cet article.
- Le stage avec un intervenant introuvable. Avant de payer quoi que ce soit, cherchez le travail personnel de la personne qui enseigne. S'il n'existe nulle part, passez votre chemin.
Questions fréquentes
Existe-t-il des cours de photographie vraiment gratuits ?
Oui, mais rarement sous forme de cursus complet. Les ateliers de médiathèque, les séances de découverte en magasin et les sorties d'associations sont gratuits et réels. Les clubs demandent une adhésion annuelle modeste, ce qui reste sans commune mesure avec une formation privée. En ligne, la matière gratuite est pléthorique ; ce qui manque toujours, c'est le retour sur vos images.
Faut-il un reflex pour suivre un cours ?
Non. La composition, la lumière et le tri s'apprennent avec n'importe quel appareil, téléphone compris. Seule la séance consacrée à l'ouverture demande un boîtier réglable ou un mode professionnel. Beaucoup de clubs prêtent d'ailleurs du matériel le temps d'une sortie.
Combien de temps faut-il pour progresser ?
Les premiers progrès sont rapides et spectaculaires : quatre semaines d'exercices suffisent à transformer des photos de vacances. Ce qui prend des années, c'est de construire un regard personnel, et cela ne s'enseigne pas. Photographier une heure par semaine, régulièrement, fait plus qu'un stage intensif suivi de six mois d'inactivité.
Comment trouver un club près de chez moi ?
Trois pistes fiables : le service des associations de votre mairie, le forum des associations de rentrée, et l'annuaire de la fédération photographique nationale. Les clubs affichent aussi souvent leurs expositions dans les salles municipales, ce qui est une excellente façon de juger du niveau avant de pousser la porte.
Par quoi commencer si je n'ai qu'une heure ?
Par la première séance du programme ci-dessus : trente photos, interdiction de centrer le sujet, puis un tri à trois images. C'est l'exercice qui produit le plus grand écart entre l'avant et l'après, pour un coût nul.
À lire ensuite
Article rédigé par la rédaction de Pleine Lumière. Ce programme est libre d'usage : reprenez-le pour un club, une classe ou un groupe d'amis.