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Pleine Lumière
Panoramique

Visites virtuelles et photographie panoramique : comment ça marche

Une visite virtuelle n'est pas une vidéo. C'est une suite de photographies assemblées en images à 360 degrés, reliées entre elles par des points de passage. La technique est ancienne, elle tient en quelques règles simples, et un téléphone suffit à en comprendre le principe.

Un appareil photo monté verticalement sur une tête panoramique graduée, posé sur un trépied dans une salle voûtée
La graduation de la tête panoramique sert à tourner toujours du même angle. C'est ce qui garantit un recouvrement régulier entre les vues.

Le principe date de la photographie argentique : on prend plusieurs vues en tournant l'appareil sur lui-même, puis on les assemble bord à bord pour reconstituer un champ de vision qu'aucun objectif ne couvre d'un seul coup. Ce que l'informatique a changé, c'est l'assemblage, devenu automatique, et la façon de regarder le résultat, désormais navigable à la souris ou au doigt.

Une visite virtuelle ajoute une couche par-dessus : plusieurs panoramas, un par pièce ou par point de vue, reliés par des zones cliquables. C'est ce que l'on trouve aujourd'hui dans l'immobilier, l'hôtellerie, les musées et la mise en valeur du patrimoine.

Ce qu'est une visite virtuelle

Panorama cylindrique ou sphérique

Le panorama cylindrique couvre 360 degrés à l'horizontale, mais reste limité en hauteur : on ne voit ni le plafond, ni le sol. Il se réalise en une seule rangée de prises de vue, ce qui le rend rapide et facile à réussir. C'est le format qui convient à une place, une rue, un paysage.

Le panorama sphérique couvre la totalité de la sphère, soit 360 degrés à l'horizontale et 180 à la verticale. Il demande plusieurs rangées de vues, plus le zénith et le nadir, c'est-à-dire le point situé exactement au-dessus et celui situé sous le trépied. Ce dernier pose toujours le même problème : les pieds du trépied y figurent, et il faut les effacer ensuite.

Le fichier final se stocke généralement dans une projection dite équirectangulaire, une image rectangulaire deux fois plus large que haute, où les pôles apparaissent étirés. C'est le format que toutes les visionneuses savent lire.

Le recouvrement, en un schéma

Vue de dessus : six prises de vue réparties autour de l'appareil, chacune couvrant un secteur plus large que la rotation effectuée, de sorte que les vues voisines se chevauchent. VU DE DESSUS : SIX VUES POUR UN TOUR COMPLET L'appareil tourne de 60 degrés à chaque fois, mais chaque vue en couvre 80. les zones plus sombres sont les recouvrements, c'est là que le logiciel raccorde
Sans recouvrement, aucun assemblage n'est possible : le logiciel a besoin de points communs entre deux images voisines pour les raccorder.

La règle pratique tient en une phrase : prévoyez au moins 30 % de recouvrement entre deux vues consécutives. Avec un objectif de 18 mm sur un capteur APS-C tenu verticalement, cela correspond à une dizaine de vues pour un tour complet. Avec un très grand angle de type fisheye, quatre vues suffisent, plus le zénith et le nadir.

La parallaxe, l'ennemi numéro un

Voici la difficulté que personne n'anticipe. Fermez un œil, tendez le pouce devant vous, et déplacez la tête latéralement : votre pouce se décale par rapport à l'arrière-plan. Ce décalage s'appelle la parallaxe, et il survient dès que l'appareil pivote autour d'un axe qui n'est pas le bon.

Le bon axe passe par la pupille d'entrée de l'objectif, souvent appelée point nodal par commodité. Il se situe quelque part dans le fût de l'objectif, rarement à l'aplomb de la vis du trépied. Si vous tournez autour de la vis, les objets proches se décalent d'une vue à l'autre par rapport au fond, et le logiciel d'assemblage produit des raccords impossibles : une rambarde coupée, un montant de porte dédoublé.

La tête panoramique n'a pas d'autre fonction que de déplacer l'appareil vers l'arrière pour que la rotation se fasse autour de ce point. On peut s'en passer dans un seul cas : quand rien ne se trouve à moins de dix mètres, ce qui vaut pour un paysage mais jamais pour un intérieur.

Trouver le point sans matériel de mesure

Alignez deux repères verticaux à des distances différentes, par exemple un pied de chaise à un mètre et un montant de fenêtre au fond. Tournez l'appareil : si les deux restent alignés, votre axe de rotation est bon. S'ils se décalent, avancez ou reculez l'appareil sur son rail de quelques millimètres et recommencez.

Les réglages à verrouiller

  1. Tout en manuel, sans exception

    Exposition, sensibilité, balance des blancs et mise au point sont fixés une fois pour toutes avant la première vue. En automatique, chaque image reçoit un réglage différent et les raccords deviennent visibles sous forme de bandes plus claires ou plus jaunes. Profitez-en pour vérifier la propreté de la lentille frontale : une trace grasse produira le même voile sur les dix vues de la série, et le voile ne se retire pas à l'assemblage.

  2. Mesurez la lumière sur la zone la plus lumineuse

    Dans un intérieur avec des fenêtres, réglez sur la fenêtre pour ne pas la brûler, puis rattrapez les ombres au développement. Un fichier brut donne ici une marge considérable ; c'est exactement le genre de situation où comprendre l'exposition change tout.

  3. Appareil vertical et trépied de niveau

    La position verticale donne davantage de hauteur au panorama final. Le niveau du trépied compte plus encore : un trépied penché produit une bande qui ondule, que l'assemblage ne rattrape jamais complètement.

  4. Attendez que la scène se fige

    Tout ce qui bouge dans une zone de recouvrement apparaîtra en double ou coupé en deux. Une personne qui traverse, un rideau, des branches par grand vent : attendez, ou reprenez la vue.

L'assemblage, et les logiciels libres

L'assemblage automatique cherche des points communs entre les images voisines, calcule la déformation à appliquer à chacune, puis fond les recouvrements. Plusieurs outils gratuits font ce travail très correctement.

Outils courants pour assembler un panorama et le publier.
Outil À quoi il sert Bon à savoir
Hugin Assembleur libre et complet, gestion manuelle des points de contrôle Gratuit, disponible sur les trois systèmes, apprentissage réel mais documentation soignée
Fonction panorama des logiciels de développement Assemblage direct depuis les fichiers bruts Très pratique pour un panorama simple sur une rangée, plus limité en sphérique
Assembleurs spécialisés payants Sphériques complexes, retouche du nadir, sorties multiples Réservés à un usage professionnel régulier
Visionneuses web libres Afficher le panorama dans une page, ajouter des points de passage Quelques lignes de code suffisent ; le fichier reste hébergé chez vous

Un panorama sphérique n'est qu'un fichier image. Ce qui le rend navigable, c'est la visionneuse : choisissez-en une que vous maîtrisez, sinon votre visite virtuelle dépendra d'un service que vous ne contrôlez pas.

Le faire avec un téléphone

Le mode panoramique de n'importe quel téléphone assemble en direct pendant que vous balayez la scène. Le résultat est honnête pour un paysage, décevant dès qu'un objet se trouve à moins de deux mètres : la parallaxe frappe, et le raccord se voit.

Pour un sphérique complet, deux voies existent. Les applications de capture guidée, qui vous font viser une série de cibles à l'écran et assemblent ensuite : c'est long, mais gratuit et réellement fonctionnel si l'on reste immobile. Ou les caméras dédiées à deux objectifs très grand angle placés dos à dos, qui saisissent la sphère entière en une prise ; la qualité par pixel reste modeste, mais la simplicité est imbattable.

Dans tous les cas, un support stable améliore immédiatement le résultat. Une perche ou un petit trépied vaut mieux que des bras tendus, et il facilite l'effacement ultérieur du nadir.

Questions fréquentes

Combien de photos faut-il pour un tour complet ?

Cela dépend uniquement de l'angle de champ de votre objectif. Avec un 18 mm sur capteur APS-C tenu verticalement, comptez une dizaine de vues pour la rangée horizontale. Avec un fisheye, quatre suffisent. Ajoutez une rangée haute et une rangée basse, plus le zénith et le nadir, pour un sphérique complet.

Faut-il vraiment une tête panoramique ?

En extérieur, avec un premier plan situé à plus de dix mètres, non. En intérieur, oui, sans quoi les montants de portes et les meubles proches produiront des raccords impossibles à corriger. C'est le seul accessoire réellement spécifique de cette pratique.

Pourquoi mes raccords sont-ils visibles ?

Trois causes, par ordre de fréquence : l'exposition automatique laissée active, un recouvrement insuffisant entre les vues, et la parallaxe. Vérifiez d'abord que toutes vos images ont exactement les mêmes réglages, c'est le cas le plus courant et le plus simple à corriger.

Peut-on photographier une visite virtuelle dans un lieu public ?

Les règles varient selon les lieux, et un monument ouvert au public peut parfaitement interdire le trépied ou l'usage commercial des images. Renseignez-vous auprès du gestionnaire du site avant de vous déplacer. Veillez également à ce qu'aucune personne ne soit reconnaissable sur les images destinées à être publiées.

Combien de temps prend un panorama ?

Pour une pièce, comptez un quart d'heure de prise de vue une fois le matériel réglé, et vingt à trente minutes d'assemblage et de retouche du nadir. Le repérage et la mise en place représentent en réalité l'essentiel du temps passé sur place.

À lire ensuite

Article rédigé par la rédaction de Pleine Lumière. Les réglages indiqués sont des points de départ ; chaque lieu impose ses propres compromis.